Massage assis et stress au travail : un soutien réel, sans injonction au bien-être

Le stress au travail est devenu un sujet incontournable. En 2023, les maladies psychiques reconnues d’origine professionnelle ont augmenté de 25 %, et 12 000 accidents du travail étaient liés à des risques psychosociaux. Derrière le mot “stress”, il y a des réalités très humaines : fatigue, tensions dans les épaules, maux de tête, sommeil agité, difficultés de concentration. Et cette impression de toujours courir après le temps, d’être dans le rush. Et pourtant, personne ne choisit d’être stressé.

Comprendre le stress au travail : un enjeu systémique, pas individuel

Le stress n’est pas un signe de fragilité personnelle. Il survient quand le rythme, la pression ou l’organisation dépassent ce que l’humain peut supporter. Ce n’est pas l’individu qu’il faut pointer du doigt; c’est le système qu’il faut interroger. Et dans ce contexte, le massage assis en entreprise n’est pas une solution miracle. Il ne remplace pas un environnement de travail sain, ni une démarche de prévention à propos de santé mentale et burn-out au travail.

En revanche, le massage crée un espace où le corps peut se détendre et la personne souffler, juste un moment. Et parfois, ce moment change une journée. Il remet un peu de douceur et de lenteur là où tout allait vite. C’est déjà précieux.

Ce que disent la recherche et les organismes de santé

Les modèles scientifiques du stress professionnel sont clairs : le stress au travail n’est ni une faiblesse, ni un manque d’organisation personnelle. C’est souvent le signe que les exigences du travail dépassent les ressources disponibles.

Les travaux de Karasek (1979) et de Siegrist (1996) sont des références majeures en santé au travail.

Ils montrent que le risque de souffrance augmente lorsque :

  • la charge de travail est élevée
  • les contraintes sont fortes
  • l’autonomie décisionnelle est faible
  • les efforts ne sont pas équilibrés par la reconnaissance (financière, sociale ou humaine)

Des travaux plus récents en France et en Europe continuent de confirmer ces mécanismes, tout en ajoutant d’autres facteurs comme le soutien social, la justice organisationnelle ou encore le rôle de la sédentarité au travail.

Par ailleurs, l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail rappelle que les risques psychosociaux au travail peuvent entraîner des conséquences psychologiques et physiques.
En France, l’INRS décrit ces manifestations physiques en cas de stress chronique :

  • tensions et douleurs musculaires
  • troubles du sommeil
  • troubles digestifs

Le stress professionnel n’est donc pas une affaire individuelle, c’est un enjeu organisationnel.

Les bienfaits du massage assis

Soyons clairs : le massage assis ne soigne pas le stress chronique, et il ne remplace pas une organisation du travail saine.

Mais il agit là où le stress s’imprime dans le corps. En 15 à 20 minutes, il peut :

  • relâcher les tensions musculaires (trapèzes, nuque, épaules, dos)
  • apaiser le système nerveux
  • favoriser une respiration plus ample
  • offrir un moment de pause
  • rappeler au corps ce qu’est la détente

Un moment pour respirer, pas performer davantage.

Le massage assis n’est pas proposé pour que vos collaborateurs performent mieux ou les motiver. Je ne crois pas au bien-être pour mieux produire. Je crois aux espaces de respiration. À l’attention sincère portée au corps. À la prévention qui passe aussi par la douceur.

Le massage assis ne remplace pas : une charge de travail soutenable, un management humain, des politiques RH responsables, des temps de récupération, un soutien psychologique quand c’est nécessaire.

Mais il participe à une culture de soin. Un rappel que les corps existent, qu’ils ressentent, qu’ils s’épuisent et qu’ils méritent qu’on en prenne soin.

Conclusion : remettre l’humain au centre

Dans un monde qui va vite, où l’on demande beaucoup aux équipes, le massage assis offre une chose précieuse : un temps pour souffler. Ce n’est pas un outil de performance déguisé. C’est une rencontre entre un corps et une pause. Un espace pour relâcher, sentir, reprendre contact avec soi. Parce qu’avant d’être des postes, des fonctions, des objectifs, nous sommes des corps qui ressentent, qui fatiguent et qui ont besoin de douceur.

Prendre soin de soi ne devrait jamais être une injonction ou un luxe. Juste une évidence humaine. Et si, en entreprise, on commençait par ça ?

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